Appelez-nous : +33 (0)5 45 80 80 08

Abeilles et biodiversité en Charente | Notre démarche au Relais de Saint-Preuil

Abeilles et biodiversité en Charente | Notre démarche au Relais de Saint-Preuil

Certains ateliers vous apprennent une technique. D’autres changent simplement votre manière de regarder ce qui vous entoure.

Le stage d’apiculture auquel nous avons récemment participé a eu cet effet sur nous.

Nous étions venus pour mieux comprendre les abeilles et le fonctionnement d’une ruche. Nous en sommes repartis avec une question beaucoup plus large : quelle place notre domaine peut-il réellement jouer dans la biodiversité qui nous entoure ?

Le Relais de Saint-Preuil se trouve au cœur de la Grande Champagne, entouré par les vignobles de Cognac. C’est un paysage que nous aimons profondément, mais que le stage nous a appris à regarder différemment.

Une abeille ne vit pas seulement dans une ruche

Nous savions évidemment que les abeilles avaient besoin de fleurs. Nous avions moins conscience de l’importance de la continuité de ces ressources au fil des saisons.

Dans un paysage largement consacré à la vigne, la question devient particulièrement intéressante. La vigne structure notre territoire, son économie et son identité, mais elle n’offre pas à elle seule suffisamment de nourriture aux pollinisateurs.

Ce sont alors les haies, les arbres, les prairies, les talus, les jardins et même certaines zones volontairement laissées plus sauvages qui prennent toute leur importance.

Nous avons également compris quelque chose qui paraît évident une fois qu’on vous l’explique : installer une ruche n’est pas, en soi, un geste en faveur de la biodiversité.

Les abeilles domestiques ont elles aussi besoin de ressources. Et si celles-ci sont insuffisantes, multiplier les ruches peut même augmenter la concurrence avec les abeilles sauvages et les autres pollinisateurs déjà présents.

Cela a changé notre manière d’envisager le projet.

Avant de nous demander si nous voulons des ruches au Relais, nous devons d’abord nous demander si nous faisons suffisamment pour que notre terrain soit accueillant pour les insectes qui y vivent déjà.

Quatre hectares : peu à l’échelle du paysage, beaucoup à notre échelle

Nous ne pouvons évidemment pas transformer seuls le paysage viticole de la Grande Champagne.

Mais nous avons environ quatre hectares dont nous sommes directement responsables.

Et sur ces quatre hectares, nos décisions comptent.

Pendant longtemps, comme beaucoup de propriétaires, nous avons naturellement associé un domaine bien entretenu à des pelouses tondues, des bordures propres et une végétation maîtrisée.

Nous ne souhaitons pas renoncer à cet entretien. Le Relais doit rester beau et agréable pour ceux qui y séjournent.

Mais nous pouvons probablement trouver un meilleur équilibre entre les espaces destinés aux hôtes et ceux où la nature peut prendre un peu plus de place.

Ce que nous voulons changer

Nous ne prétendons pas avoir résolu le problème. Notre objectif est de commencer par des mesures concrètes que nous pourrons maintenir dans le temps.

Le stage nous a surtout donné envie de travailler de manière plus intentionnelle.

La première évolution concernera la tonte. Certaines parties du domaine n’ont pas besoin d’être entretenues comme une pelouse. Nous voulons identifier des zones où l’herbe pourra pousser plus longtemps et où les plantes naturellement présentes pourront fleurir avant d’être fauchées.

Nous voulons également réfléchir davantage à la succession des floraisons. Quelques fleurs spectaculaires pendant trois semaines ne suffisent pas. L’intérêt est d’avoir différentes sources de nectar et de pollen du printemps jusqu’à l’automne, en privilégiant autant que possible des plantes adaptées à notre sol et à notre région.

Enfin, nous voulons regarder avec plus d’attention ce que nous utilisons pour entretenir le domaine. L’objectif est simple : éviter autant que possible les pratiques ou produits qui seraient incompatibles avec le développement des insectes que nous cherchons justement à protéger.

Pris séparément, aucun de ces choix n’est révolutionnaire.

C’est peut-être justement ce qui nous intéresse.

La durabilité ne se résume pas forcément à lancer de grands projets visibles. Elle consiste aussi à revoir des habitudes très ordinaires : quand tondre, quoi planter, quoi laisser pousser et parfois décider de ne rien faire.

Et les ruches ?

L’idée nous plaît toujours.

Pouvoir un jour servir au petit-déjeuner un miel produit sur le domaine aurait évidemment quelque chose de très particulier. Il créerait un lien direct entre notre table d’hôtes, nos jardins et le paysage qui entoure le Relais.

Mais nous ne voulons plus commencer par là.

Notre priorité est d’abord de rendre le domaine plus intéressant pour l’ensemble des pollinisateurs. Ensuite seulement, avec l’aide d’un apiculteur expérimenté, nous pourrons déterminer si l’installation de quelques ruches a réellement du sens ici.

Et si ce projet voit le jour, nous aimerions pouvoir le partager avec nos hôtes : non pas comme une animation artificiellement ajoutée à leur séjour, mais comme une histoire qui fait réellement partie du lieu.

Regarder autrement ce dont on a la charge

Ce stage ne nous a donc pas transformés en apiculteurs.

Il nous a surtout rappelé quelque chose d’essentiel : exploiter un lieu comme le Relais de Saint-Preuil ne consiste pas uniquement à entretenir des bâtiments, accueillir des voyageurs ou faire vivre une entreprise.

Nous avons aussi la responsabilité d’un petit morceau de paysage.

Quatre hectares au milieu de milliers d’autres ne changeront pas seuls la biodiversité de la Grande Champagne. Mais ce sont quatre hectares sur lesquels nous pouvons décider comment nous voulons agir.

Et pour nous, une démarche durable commence probablement exactement là : faire mieux sur le terrain dont on est réellement responsable, avant de chercher à raconter ce que l’on fait.

Vous pouvez découvrir le Relais de Saint-Preuil et séjourner au cœur des vignobles de Cognac dans nos chambres et gîtes.